QUEER NORD-AFRICAIN·ES CONTRE LES CRIMES ET LES VIOLENCES POLICIÈRES

  Nous, nord-africain·es lesbiennes, trans, bi… nous plaçons contre la simple réforme d’un système capitaliste, suprémaciste blanc, lgbtiphobe.

Nous, nord-africain·es musulman·es, athé·es… nous détachons des organisations blanches qui refusent la révolution, le démantèlement total et sans concession des institutions racistes, islamophobes, antisémites et patriarcales telles que la police et le système carcéral.

Nous, nord-africain·es, issu·es de la classe populaire, féministes décoloniales, appelons à la lutte contre les violences policières et le racisme d’État. 

 

  N’oublions pas le mouvement Black Lives Matter qui a été initié par trois femmes noires, dont deux sont queers : Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi.

C’est pourquoi nous tenons à rappeler à nos camarades qui luttent contre le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme et l’impérialisme prégnants dans ce pays, que ces luttes ne se sont jamais faites sans nous. Même, elles n’aboutiront jamais sans notre libération. 

Les luttes contre le sexisme et la queerphobie ne sont donc pas de simples distractions, comme le seraient soi-disant les luttes antiracistes face à la lutte des classes, ni un agenda politique de l’Occident pour nous pervertir. 

Au contraire, le suprémacisme blanc se nourrit de nos divisions et de l’éclatement de nos solidarités. Nous exclure des communautés auxquelles nous appartenons et pour lesquelles nous luttons en raison de notre genre et/ou de notre orientation sexuelle ne fait donc que servir les intérêts de ce système.

 

  Si le meurtre est la forme la plus extrême de violence policière et qui vise les hommes cis racisés en priorité , il ne faut pas oublier ses autres formes qui concernent toutes les personnes racisées. Comme les destitutions, le harcèlement et les humiliations constantes, les agressions sexuelles et l’enfermement (garde à vue, prison, centre de rétention administratifs). 

Si nous jouons le rôle des mères et des grandes soeurs dans la lutte contre les violences policières, qui nous protège, nous ? Qui nous soutient quand ce sont nous qui portons nos communautés ?

Les femmes trans noires et racisées ainsi que les travailleuses du sexe, souvent issues de l’immigration, sont en première ligne des luttes contre les violences policières. Ne les oublions pas.

À la croyance populaire qui veut que la police et la justice nous protègent de nos agresseurs, violeurs, meurtriers, nous répondons que ces institutions nous détruisent car créées non pas pour nous défendre mais pour servir les intérêts des classes dominantes.

Cela fait des décennies que non seulement nous combattons ce système, mais que nous mettons aussi en place des stratégies pour assurer notre sécurité. 

Le chemin est long, mais il n’y en a pas d’autre. 

 

  Alors que nous clôturons le mois de Juin, mois des fiertés, nous rendons hommage aux personnes fières et fortes qui se sont battues. Il faut se rappeler que loin des chars colorés et des reprises capitalistes pour mieux vendre sous couvert de tolérance arc-en-ciel, des personnes noires et racisées de la communauté LGBTI à New-York se sont soulevées contre un énième raid policier à la fin des années 60.

Ce sont les émeutes de Stonewall qui marquent le début d’un mouvement historique pour la reconnaissance de nos existences et de nos droits, et contre la police, instrument d’oppression toujours actuel et bras armé d’un système raciste et lgbtiphobe.

  Rappelons-nous quelques-un.e.s de ces pionnier.ère.s : Marsha P. Johnson, Sylvia Rivera, Stormé DeLarverie,…

Inspirons-nous des luttes de nos prédécesseur.se.s et poursuivons-les !

 

  Nous nous inscrivons également dans la continuité des luttes de nos aîné·e·s, qui se sont battu·e·s contre la colonisation et le racisme systémique. Celleux-ci ne se conformaient déjà pas aux normes de binarité de genre et d’hétérosexualité imposées par les colons.

Nous qui sommes issu·e·s de cette immigration post-coloniale et qui vivons dans des quartiers populaires subissons encore ces normes qui imprègnent la société et nous portons donc leurs combats.  

Nos luttes ne sont pas périphériques, optionnelles à l’antiracisme ou aux luttes LGBTI mais sont au contraire indissociables.

Pour nous, il n’est même pas pensable de marcher aux côtés d’un char du Flag, le syndicat de police LGBT. Nous marchons en revanche aux côtés des familles de victimes de violences policières et du racisme d’État, car c’est là qu’est notre place.

 

  Être décoloniaux, c’est lutter contre un système impérialiste qui a pathologisé nos vécus non-hétéro et non-cis au travers du regard blanc.

Dire que nos communautés sont culturellement lgbtiphobes et que nous serions mieux traité.e.s en quittant les nôtres est faux et c’est une insulte à nos ancêtres, déshumanisé·e·s entre autres car les colons jugeaient leurs mœurs sauvages.  

 

  Nous rappelons donc l’importance de notre présence dans les luttes qui secouent le monde occidental en ce moment. Nous avons parfaitement notre place au sein des combats décoloniaux. 

C’est pourquoi le collectif Nta Rajel?:

  • Se positionne fermement et agit contre les violences lgbtiphobes 
  • Réitère son appel aux luttes contre les violences policières et le racisme d’État 
  • Appelle au soutien de la famille Traoré ainsi que des familles de toutes les victimes de violences et de crimes policiers 
  • S’organise pour le démantèlement des institutions policières, du système judiciaire et carcéral 

En tant que personnes LBT issues de la diaspora Africaine, en tant que féministes, en tant que révolutionnaires.

 

Nta rajel?

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